Le métier de peintre

Après réflexion, changement complet de disposition :



Une nouvelle disposition à l'atelier

Voici quelques photos de ma nouvelle disposition des tableaux à l'atelier :





Quelle est la chose la plus difficile à peindre ?

On me pose régulièrement la question à l'atelier, de savoir quelle est la chose la plus difficile à peindre. ? Je vais essayer de répondre à cette question avec toute l'expérience que j'en ai. J'ai d'abord pensé au portrait car cela est très contraignant. Un nez un peu de travers, une ombre mal placée ou un peu trop grande, et hop c'est fini la ressemblance ! Puis en en faisant régulièrement des sujets très différents, chats, natures mortes, oiseaux, portraits...la réponse ne m'est pas apparue si simple. Avec les portraits qui sont difficiles à peindre,  je me suis rendue compte que l'on pouvait raisonnablement parvenir à un résultat correct avec beaucoup de patience et de doigté. J'ai ensuite pensé à l'architecture, car cela est difficile et que la moindre erreur se voit. J'ai également pensé aux natures mortes qui présentent leur lot de difficultés avec leurs assiettes, leurs bols et où la moindre imperfection se voit. Finalement, en variant les sujets je me suis rendue compte que tout était difficile à peindre et j'en suis arrivée à la conclusion suivante : en fait le plus difficile est de peindre ce qui parait simple ou évident ! Des pommes sur une table, un camembert, un roquefort, un portrait, des fleurs... tant qu'on cherche simplement à traduire une émotion, sans artifice, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Pas besoin de chercher un style, ni de décorer son tableau : la simplicité, ce qui va directement toucher le spectateur, c'est encore ce qu'il y a de plus dur, à mon sens.


Bien choisir le cadre pour mettre en valeur l’œuvre :

S'il n'est pas rare que je présente mes toiles sans encadrement lors des expositions pour laisser à l'acheteur le soin de choisir lui même le cadre qui correspondra à ses goûts et à son intérieur, j'encadre certains de mes tableaux pour donner une idée de l’œuvre finie et bien présentée. A ce titre, un cadre bien choisi met en valeur les tableaux : je regarde le plus souvent les deux couleurs dominantes de l’œuvre pour choisir le cadre et l'assortir. Si l'on souhaite mettre la peinture dans un style contemporain, le mieux est d'opter pour une caisse américaine noire ou blanche ou ne pas encadrer du tout le tableau. Les caisses américaines dont les lignes sont très pures s'harmoniseront bien avec un intérieur moderne. Si l'on préfère un style plus classique, on peut mettre un cadre de style hollandais noir qui avec la peinture à l'ancienne fera le plus bel effet. En visitant les musées d'Amsterdam (Rijkmuseum et musée de la marine) j'ai été conquise par l'effet produit par les cadres noirs de style hollandais : assez sobres et élégants, ils mettent en valeur l’œuvre sans l'écraser. En revanche les cadres dorés donnent un effet très différent. Voici un exemple ci-dessous d'un portrait encadré avec un cadre hollandais sur mesure; Les cadres dorés eux, s'harmonisent bien avec une peinture plus chargée, comme vous pouvez le constater ci-dessous. On en trouve dans les brocantes et chez les antiquaires : je ne le répèterai jamais assez, tendre sa toile soi-même sur un châssis sur mesure, c'est s'accorder plus de liberté notamment dans le choix de cadres anciens pour pouvoir s'harmoniser avec votre intérieur.

Cadre hollandais


Cadre doré


Cadre noir et doré

Le vernissage

Le vernissage est une étape importante pour chaque tableau : je parle ici du vernissage définitif après séchage de la toile. Il faut compter environ une année pour arriver à sécher une toile. Une fois dépoussiérée j'y applique un vernis satiné au spalter.  La toile est ainsi protégée des UV et des éventuelles salissures. Cela assure sa conservation et un bel éclat des couleurs dans le temps. Je n'applique pas de vernis définitif avant car si la toile n'est pas complètement sèche cela risquerait de l'endommager. Des progrès sur les vernis ont été faits en la matière, mais ne les ayant pas encore essayé j'ai utilisé un vernis traditionnel qui a déjà fait ses preuves.



Le pinceau magique !

Pour réaliser mes tableaux, je vais vous confier mon véritable secret : j'utilise un pinceau magique ! Qu'est-ce que c'est ?
  • Un pinceau qui réalise des fondus  exceptionnels comme l'air-brush et qui permet d'obtenir le grain de la peau : c'est le plus important pour les portraits !
  • Un pinceau qui permet de reproduire la fourrure d'un félin : il a la particularité d'étirer le geste dans le sens du poil et même de pousser votre main au bon endroit, sans que vous vous en rendiez compte : c'est extraordinaire ce qu'on arrive à faire avec le pinceau magique ! Je ne vous dis qu'une chose : essayez le, vous ne regretterez pas ! Je n'avais jamais trouvé un pinceau comme cela auparavant. 
  • En plus, ce qui est incroyable, c'est qu'il se nettoie tout seul ! Plus besoin de white-spirit, plus besoin de produit nettoyant, la peinture se détache d'elle même : vous devenez écologique, d'un seul coup !
  •  Le pinceau magique n'est jamais fatigué, il se régénère tout seul, ses poils se remettent automatiquement d'un seul geste : plus besoin d'enlever à la pince ou entre deux doigts, le petit poil qui s'était égaré de côté et qui brouillait votre travail. C'est extraordinaire !
  • Le pinceau magique fait les glacis tout seul : vous n'avez qu'à le tremper dans le médium et vous laisser guider, c'est magique, oui !

 Alors, je ne vous dis qu'une chose, maintenant que je vous ai révélé mon grand secret, ne tardez pas à vous procurer le formidable et irremplaçable pinceau magique !




Travailler avec les fantômes de l'Atelier :


Céret étant une ville qui a accueilli et accueille toujours beaucoup de peintres : j'ai parfois le sentiment de travailler avec des fantômes. Je veux dire par là, que leur âme hante encore la ville. Berceau du cubisme, Céret a accueilli de nombreux peintres, Frank Burty Haviland fondateur du musée, Picasso, Juan Gris, Chagall, Dali, Krémègne...

Retrouvant des photos de ces derniers au café de France, je me dis que ces peintres sont forcément passés par mon atelier, rue du commerce, celle-ci étant une rue médiévale, la plus ancienne de Céret; une rue encore pavée comme autrefois, et comportant de vieilles publicités aux murs, ce qui lui donne tout son charme. 
Picasso, et ses amis au Café de France

Portrait de Marc Chagall
Les habitants de Céret m'ont dit qu'autrefois à l'atelier se vendaient des vêtements : la maison actuelle communiquait avec la maison mitoyenne par une porte qui aujourd'hui a été comblée et est devenue une rangée d'étagères : j'imagine très bien l'un de ces peintres essayant un costume dans ma pièce principale.

Dali est venu à Céret en 1965,  avec sa muse Amanda Lear. Krémègne y avait établi sa demeure et son atelier, au couvent des Capucins. Le sculpteur Maillol est aussi passé par Céret comme en témoigne le monument aux morts, statue érigée par lui, place de la Liberté. Certains d'entre eux m'influencent, et cela se voit dans mes peintures, notamment Dali dont j'admire tout le génie et le talent.


Aujourd'hui encore, nombreux sont les artistes connus ou inconnus à se promener dans les petites rues de Céret !



Décorer son Atelier pour les fêtes :

En préparation des fêtes de Noël, l'idée m'est venue de décorer l'atelier et la vitrine. La question que je me suis posée est comment m'y prendre ? Quelles type de décoration mettre ? Comment faire pour que cette décoration traduise bien l'ambiance de l'atelier ? Comment faire pour que ma vitrine soit unique ?
J'ai en premier lieu décider de ne retenir que les couleurs qui s'harmonisaient avec celles déjà présentes à l'atelier pour ne pas donner une ambiance surchargée : j'ai donc retenu le blanc, le bleu comme le rideau de la vitrine et l'argent. J'ai commencé par orner la vitrine et quelques étagères par les traditionnelles guirlandes de Noël. Tout de suite, j'ai senti s'opérer un changement vers la bonne humeur. J'ai ajouté de petites étoiles bleues sur le présentoir de la vitrine, et un mini sapin de Noël.
N'ayant pas beaucoup de place dans la vitrine, j'ai décidé de n'y mettre que des guirlandes pour mettre en valeur les tableaux, et j'ai ensuite décoré la porte avec des flocons découpés dans du papier blanc. Je n'ai pas mis de guirlande clignotante : pas la peine de dépenser de l'électricité, la planète n'en n'a pas besoin.






 Peindre d'après photo ou d'après nature ?

La question m'est posée régulièrement à l'atelier, c'est pourquoi j'ai décidé de l'aborder ici. Tout d'abord avant de porter un quelconque jugement sur la peinture d'après photo ou d'après nature, rappelons que de nombreux artistes depuis la Renaissance utilisaient la caméra oscura (camera lucida) ou chambre noire c'est à dire une sorte de boîte par laquelle on effectuait un petit trou qui permettait d'obtenir une image nette de l'objet à dessiner pour la reproduire sur le support. Elle fut ainsi utilisée par Léonard de Vinci, Vermeer, pour améliorer leurs compositions, avant l'apparition de la photographie. L'ouvrage de David Hockney, Savoirs secrets, techniques des Maîtres Anciens souligne ces utilisations.




 Avec la photographie, une aide précieuse est apportée aux peintres qui peuvent choisir de travailler en atelier, et éviter d'exposer leur support aux intempéries (vents, pluies, tempêtes, qui pourraient déposer des poussières sur la peinture encore fraîche). La photographie permet également de fixer l'image et d'éviter d'avoir recours à un modèle posant devant le peintre pendant plusieurs heures, chose absolument impossible si l'on pratique la peinture animalière et difficile si l'on choisit de peindre de jeunes enfants.

On reproche parfois à la photo son aspect plat dans les valeurs : ici encore, c'est à l'artiste de sublimer la photo et non de la recopier. En effet celle-ci sert d'aide mémoire des formes et des couleurs mais l'artiste doit accentuer certains aspects de la photographie pour se rapprocher du réel ou au contraire atténuer certains aspects. Voici quelques exemples très simples : sur une photo de paysage, accentuer la ligne d'horizon atmosphérique et l'effet d'éloignement, enlever des éléments qui perturbent la composition. Sur une peinture de panthère, enlever un brin d'herbe ou une branche gênante, créer un fond flouté, changer la couleur du fond... Les exemples sont multiples, et toutes ces interprétations servent à mettre en valeur le sujet principal. 
Composer une scène : les exemples sont fréquents en peinture animalière où il est rare de photographier une scène telle qu'elle est représentée, dans la réalité. En voici quelques exemples : le tableau "Echec et Pattes" dans lequel le chat photographié ne jouait absolument pas aux échecs mais somnolait dans cette position. Le tableau "Bzzz dans le prunier" pour lequel plusieurs photographies ont été utilisées car sur la première aucune abeille ne s'envolait... Ou encore "Sprint" pour lequel je n'ai jamais vu d'escargot faire la course avec une tortue dans la réalité.
Echec et pattes, huile sur toile






Sprint, huile sur toile

Quand à peindre d'après nature : c'est un excellent exercice à condition d'être maîtrisé. Par exemple, il faut faire attention à ne pas déplacer son point de vue au cours de l'exercice. Certaines œuvres comportent hélas ces défauts, ce qui est dommage, le peintre s'étant penché ou décalé sans s'en apercevoir au cours de l'exercice : il en résulte une composition avec plusieurs points de vue différents (observé dans la réalité). Peindre d'après nature s'avère plus facile pour réaliser des natures mortes, à condition d'agencer les éléments, penser à l'éclairage, ou pour les paysages de plein air avec les contraintes liées aux intempéries et au séchage pour le travail à l'huile...

En conclusion, je suis persuadée que les plus grands artistes de la Renaissance, s'ils avaient eu la photographie comme aide à leurs réalisations l'auraient également utilisée comme le fond de grands peintres actuellement notamment dans l'Art animalier et qu'il n'y a pas à déconsidérer la photographie dans l'apport qu'elle peut effectuer à la réalisation d'une œuvre. Une combinaison des deux techniques est tout à fait possible à la condition qu'elle soit judicieuse et appropriée au sujet (exemple : le tableau Echec et Pattes ci-dessus qui combine les 2). Une option pour la peinture d'après nature seule est possible à condition qu'elle soit maîtrisée, mais elle limite le sujet dans sa composition. A chacun de choisir et de ne pas avoir d'a priori : l'essentiel après tout étant le résultat.

 Réaliser une pancarte extérieure pour moins de 10 €

Avoir son atelier est important pour un artiste et vouloir montrer son travail également. Pourtant si l'on veut être vu, encore faut-il être visible. J'ai donc fabriqué une pancarte amovible pour un coût extrêmement réduit (moins de 10 €). Comment ? 

Voici les différentes étapes qui m'ont permis de fabriquer ce panneau. Tout d'abord j'ai acheté dans un magasin de bricolage, un panneau de bois à 8,20€ de 120cm par 40 cm. Choisissez bien un panneau en bois, pas de contreplaqué surtout ni d'aggloméré. C'est assez léger et ça ne gonfle pas sous la pluie le cas échéant. Ensuite j'ai enduit avec un gesso noir le bois. Jusque là c'est très facile à faire. J'ai calculé avec le nombre de lettres dont je disposait (7 en l'espèce pour écrire le mot "Atelier" en majuscule)  l'espace que je devais laisser en haut et en bas, ainsi qu'entre les lettres, en fonction de la hauteur des lettres, ici 14 cm. J'ai choisi une police de caractère lisible de loin, avec une certaine fantaisie pour refléter l'ambiance de l'atelier. Éviter les polices de caractères trop alambiquées. J'ai imprimé mes lettres et ensuite décalqué celle-ci puis repassé au crayon blanc aquarelle "prismalo". 
J'ai peint mes lettres à la peinture à l'huile blanche (on peut utiliser de la peinture pour pochoir), puis j'ai vernis l'ensemble, percé deux trous pour mettre des boulons et une chaîne que l'on peut enlever grâce à des "S".  Et voici le résultat !



La technique de la peinture à l'ancienne

La technique de la peinture à l'ancienne m'a été enseignée à l'atelier Verdaccio (Nîmes). Il s'agit de peindre à la manière des anciens maîtres puisque leurs tableaux sont arrivés jusqu'à nous en parfait état pour la plupart. Pour ce faire, je privilégie la peinture à l'huile qui a fait ses preuves, et je réalise mes médiums moi même. Je n'achète aucun médium tout prêt. Il est également très importants d'utiliser de la peinture à l'huile de qualité supérieure extra-fine : elle est plus chère mais le résultat est visible. Aucune huile d'étude, des marques de qualité supérieure (Old Holland, Blocx, Rembrandt, Lefranc Bourgeois) et surtout je bannis les peintures avec alkydes. En effet, quand je vois des peintures réalisées avec alkydes (résines utilisées comme liants dans les peintures) , je remarque souvent que les couleurs sont moins vives, à l’œil et qu'elles ont quelque chose de passé. La technique est ensuite celle du gras sur maigre comme toute technique de peinture à l'huile mais je fais attention de "peindre à fond" selon l'expression de Claude Yvel.  A cet égard, pour plus d'informations sur le sujet je recommande la lecture des ouvrages de Claude Yvel (peindre à l'huile comme les grands maîtres) qui est à ma connaissance le meilleur ouvrage pour guider les peintres actuellement, notamment la fabrication des médiums.

Bien choisir son format

Quelques lignes ici pour vous expliquer l'importance de bien choisir son format pour réussir un tableau en peinture. Même si la mode est aux grands formats, il faut bien choisir son format pour réussir son tableau c'est à dire un format adapté au sujet que l'on va peindre.  Inutile de faire un grand format pour faire un grand format si l'on a rien ou presque à "raconter" la toile va sembler vide. Il faut donc que le sujet soit suffisamment détaillé ou représente une scène complexe pour choisir un grand format. Ce que j'appelle grand format ce sont les tableaux qui commencent à partir du 30 M dans les formats de peinture classique. De la même manière, choisir un format trop petit peut gêner le travail, le sujet pouvant être trop détaillé, cela deviendra vite difficile. Un gros plan peut parfaitement convenir pour un petit format. Penser aussi à l'intérêt de la peinture et au sens de votre peinture et bien sûr à sa composition.

Heureusement avec l'habitude, et avec pour chacun sa manière de peindre, on comprend vite quel format va être adapté.

Comment choisir la toile de lin ?

Si on souhaite monter sa toile soi-même comme je le fais,  le choix d'une toile de lin de qualité est important. On serait tenté d'acheter une toile de lin brut dans un magasin de tissus. Pour faire bref, il faut alors vérifier plusieurs choses importantes : tout d'abord le tissage régulier et assez serré. En effet une toile de lin tissée trop lâche ne conviendra pas et laissera passer la colle lors de l'enduction, donc il faut éviter. Ensuite il faut que la toile ne comporte pas de nœuds : pour en avoir fait l'expérience, cela provoque des petites bosses ensuite, malgré les couches de gesso et de plus à la longue cela risque d'être moins solide dans le temps. En revanche, lorsque la toile est très régulière et sans nœud, on peut tout à fait la tendre et réaliser un très beau travail : une toile épaisse et solide qui ne se déchirera pas pour les grands formats et une toile très fine pour les petits formats et les portraits de dimension raisonnable (format 8 P maximum).


L'importance des couleurs :


Je ne vais pas ici faire une énième théorie sur les couleurs, simplement relater une expérience assez récente. On trouve beaucoup de livres qui traitent de l'importance des couleurs en peinture des plus théoriques aux plus accessibles. Je me suis confrontée à ce problème lors de la réalisation d'un grand format pour lequel j'avais tout de même étudié les couleurs auparavant. Dès la première couche de peinture je me suis rendue compte que le tableau était terne. Il s'agissait d'une sirène dont j'avais peint la queue couleur argentée sur fond violet. J'ai tout simplement totalement poncé la sous couche concernée pour mettre une couleur complémentaire, en occurrence un jaune orangé lui donnant une couleur or, et le résultat a été spectaculaire : automatiquement le contraste a produit son effet et la sirène est ressortie. Tout le tableau est d'ailleurs basé sur l'emploi de couleurs complémentaires : bleu-orange, et or-violet.






Pourquoi monter ses toiles ?

 On a l'habitude de me dire que l'on trouve des toiles toutes prêtes dans le commerce de très bonne qualité déjà montées et que monter ses toiles ne sert à rien. C'est vrai que l'on peut trouver des toiles de lin prêtes à l'emploi de très bonne qualité auxquelles il faut cependant rajouter une couche de gesso pour un meilleur rendu.

Je préfère cependant monter mes toiles moi même. Pourquoi ? La première raison est économique : acheter un rouleau de 10 mètres de toile et les monter soi-même revient moins cher. La deuxième raison est contrairement à ce qu'on pourrait penser un gain de temps et non une perte de temps : en effet, réfléchir à son sujet en même temps que l'on monte la toile est primordial : c'est comme un pianiste qui fait ses gammes pour s'échauffer. Se mettre dans l'esprit du tableau est essentiel. C'est le temps qu'il me faut pour réfléchir à la conception du tableau de A à Z : par quelle partie vais-je commencer, finalement est-ce que j'ajoute tel ou tel détail ou pas etc ?

Enfin, je peux et c'est très important choisir le grain de la toile : très fin pour les portraits et petits formats, bien costaud pour les grands formats qui ainsi ne risqueront pas de se déchirer. J'utilise une toile de très bonne qualité, sans nœud, tissée très régulièrement. Au final ma peinture s'en ressent. Et puis dernier détail qui n'est pas moindre : savoir tendre une toile permet de découper une toile déjà peinte pour la retendre sur un châssis plus petit si le format est meilleur. Je l'ai déjà fait pour un format rectangulaire dont je n'aimais pas une partie de la composition pour retendre la toile sur un châssis carré. Alors, c'est une bonne idée, je pense !

Toiles tendues à l'atelier en attente de préparation

 Comment trouver l'inspiration ?

Comment trouver l'inspiration est une question que l'on me demande fréquemment à l'atelier. Je vais essayer de vous dire comment je procède. A mon sens, il y a plusieurs façons de s'y prendre. 

- La première que j'utilise le plus souvent, consiste à noter et gribouiller de petits dessins sur un carnet de croquis. Le fait de visualiser ces petits dessins amène d'autres idées par associations et donne aussi une indication sur le format ou les contraintes qui vont se poser, sur la place des sujets ou objets les uns par rapport aux autres pour trouver une composition harmonieuse. En fait la recherche d'une composition harmonieuse est à mon sens l'une des clés de la réussite d'une œuvre.

Ces annotations et petits croquis permettent le jour où l'on a plus d'inspiration, de retourner les voir et de les approfondir. Parfois j'ai une idée en tête, mais elle met plusieurs mois à mûrir, ou bien en regardant de nouveau ces petits croquis une autre idée me vient en tête et c'est comme cela que nait une peinture.

- La deuxième façon que j'utilise également est de partir est d'un sujet que j'ai envie de peindre (un portrait ou un animal) et d'essayer d'y ajouter des éléments inhabituels : c'est ainsi que j'ai procédé pour réaliser le tableau "Big Bang" qui est une otarie dans l'espace, bien que l'idée m'ait également été suggérée par l'actualité et la découverte de nouvelles planètes par la NASA.
Si l'on n'a pas d'idées, le mieux est de sortir, d'écouter l'actualité comme je l'indiquais précédemment, de s'aérer ou lire un bon livre ou encore écouter de la musique : s'imprégner d'un autre univers fait du bien, et souvent on en ressort avec des idées nouvelles. Quand je n'ai pas d'idées, ce n'est pas grave, je peins un sujet simple, comme une nature morte ou un portrait de chat.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Nombre total de pages vues